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Expo de peintures figuratives à l'acrylique,paysages, Océan,natures mortes et aquarelles, Photos Mimizan, Landes

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V- Pêle-mêle de souvenirs d'enfant

Au commencement il y avait le Verbe
La Terre était noyée dans le néant des cieux
Ma mère nous a laissées dans ce si triste lieu
La Gorgone immortelle vomissait ses entrailles
Propageant le chaos en vagues écumantes
Au fond de ce trou noir où se perdaient les larmes
Petites filles seules criant du fond de l'âme

Le verbe s'est fait chair, le Verbe est parmi nous
Conjugaison de peur, de l'ennui et du froid
Des cruches d'eau trop lourdes, des engelures aux doigts
Des genoux écorchés aux longs chemins de croix
Aux messes de l'aurore, et les vêpres du soir
Et tous les requiem des monuments aux morts
Les cloches de l'égise rythmaient les jours humides

Le Verbe s'est fait chair, la chair est prohibée
Ton corps n'est que poussière, tes sens sont reniés
Tous tes petits bobos offre-les au Seigneur
Ame impure et mortelle  implore sa pitié
Les confessions bidon de nos péchés d'enfants
Saint, Saint est le Seigneur, le dieu des bonnes soeurs
Des péchés capitaux et des saints sacrements

Le Verbe s'est fait chair, nous l'avons crucifié,
nous devons racheter la faute d'être nées
Eplucher balayer, faire toutes les corvées
Tu n'es rien, tu n'as rien, l'église est ton foyer
Le ciel a pris sa course et les constellations
tournaient autour du Père, du Fils et de l'Esprit
Tu n'as pas d'existence tu n'es qu'une fourmi

Le dieu d'amour n'est pas celui que l'on nous prêche
C'est celui du martyre, le dieu du châtiment
Le vieux curé éructe de longues litanies
Massacre le credo, hurle en postillonnant
On dit le chapelet dans l'église glacée
Langueur des vies sans joie et des si tristes soirs
Aux quatre coins des jours du catafalque noir

Le car du soir vomit ceux que l'on n'attend pas
On guette chaque jour la mère qui ne vient pas
on pleure dans nos lits et tout le mois de mai
On brode les ouvrages de la fête des mères
Récite tes pater, égrène tes prières
Le tiroir à cadeaux contient les punitions
Les heures à repriser, le froid, les privations

Au fond du trou perdu nous sommes oubliées
On n'a pas de poupée, on n'a pas de jouets
A huit ans tu n'es plus une petite fille,
Tricoter, nettoyer  sans rire et sans parler
Les visages rieurs des petites filles tristes
Accrochaient à leurs rêves les cerises interdites
Chantons Alleluia, Amen, ainsi soit-il
!

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